Chirurgiens Dentistes / Régime retraite et épargne
Votre régime de retraite obligatoire – Chirurgiens-dentistes
PERSPECTIVES
Les informations suivantes ont pour but essentiel de vous donner quelques repères sur votre régime de retraite CARCDSF, d’en comprendre les futurs enjeux…. et de penser dés que possible à vous prémunir de perspectives forcément peu optimistes
Quelques données chiffrées :
Le ralentissement de la croissance démographique ainsi que le vieillissement marqué de la profession sont consécutifs à la mise en place d’un numerus clausus depuis 1971 et à la réduction drastique du nombre de places ouvertes en deuxième année d’odontologie entre 1985 et1995.
On assiste parallèlement à une hausse de l’âge moyen dans la profession : de 42 ans en 1990, il est passé à 47ans en 2006 ; puis 48,4 ans en 2013 .51% des chirurgiens-dentistes ont plus de 50 ans
Les projections publiées à l’époque annonçaient un vieillissement de la profession jusqu’en 2016, puis un rajeunissement permettant de retrouver en 2030 le même niveau qu’en 2006 (48 ans).
Actuellement il y a 41 200 actifs pour 25 300 allocataires droits propres et dérivés (source CARCDSF). Les projections établies sur l’hypothèse d’un numerus clausus constant (un peu moins de 1 000 places) annonçaient vers 2030 un rapport d’environ 1 actif pour un retraité.
On peut jouer sur plusieurs paramètres pour permettre à un système par répartition de maintenir à terme des prestations d’un niveau acceptable :
- L’allongement de la durée de cotisation, cela a commencé avec la réforme de la Loi Fillon
- L’augmentation des cotisations mais jusqu’à quel seuil acceptable pour les cotisants ?
- Diminuer les prestations...
Vous faites partie d’une génération déjà très largement sensibilisée aux problèmes de retraite... Sans sombrer dans un pessimisme exagéré, tenir le discours si souvent entendu « ma retraite... j’aurais de toute façon proche de zéro ! » et vous muer en fourmi des plus épargnantes... il faut d’ores et déjà intégrer qu’il faudra compter pour une bonne partie de votre future retraite sur vos propres forces.
Commencez le plus tôt possible dés que vos perspectives professionnelles sont consolidées et de « façon homéopathique », avec une discipline régulière sont des avantages indéniables... sans pour autant rogner des objectifs majeurs et prioritaires tel que devenu propriétaire de votre résidence principale ou acquérir des parts de cabinet.
Le chapitre suivant vous donnera quelques pistes et bon conseils à suivre lors de votre carrière.
Droits de retraite théoriquement acquis en 42 années de cotisations (optimum)
| Revenus annuels nets |
25.000 € | 50.000 € | 75.000 € | 100.000 € |
| Régime de base |
642 €/mois | 1 048 €/mois | 1 064 €/mois | 1 071 €/mois |
| Régime Complément. |
561 €/mois | 895 €/mois | 1 450€/mois | 2 005 €/mois |
| Régime PCV | 892 €/mois | 913 €/mois | 933 €/mois | 953 €/mois |
| Total | 2 095 €/mois | 2 866 €/mois | 3 447 €/mois | 4 029 €/mois |
Quelques remarques importantes sur ces données chiffrées :
Ils sont basés sur 42 années de cotisations, ce que la très grande majorité des praticiens n’auront pas forcément comptabilisés (à moins de partir bien après 65 ans)
Plusieurs chiffres clés pour bien comprendre certaines perspectives concernant votre future retraite :
· L’âge moyen des Chirurgiens dentistes est légèrement supérieur à 46 ans, ce qui est un niveau assez élevé. Il était de 41 ans en 1990, l’évolution est donc marquée depuis 20 ans.
· Un nombre important de praticiens partira à la retraite dans les dix à quinze ans à venir. Ceux qui ont de 50 à 59 ans représentent 34% des praticiens en activité, contre 20% pour ceux de la tranche de 35 à 44 ans.
· La profession reste majoritairement masculine, mais la tendance s’inverse rapidement avec donc parfois des profils de carrière libéraux différents (et donc des cotisations à la caisse de retraite potentiellement moindre). En 2021 48% des praticiens sont des femmes. et pour les nouveaux diplômés cette proportion passe à 56%.
· Le numérus clausus qui était de 2 000 futurs praticiens en 1971, a diminué régulièrement, pour remonter depuis 2001, et s’établir en 2020 à 1 332 places. De 1988 à 2001 il était tout juste au dessus de 800.
Actuellement le rapport actif/retraité est de 41 200 actifs contre 25 300 allocataires (régime complémentaire) est moins favorable que la moyenne des profession libérales (3 actifs pour un retraité, 2 pour 1 dans les autres régimes en moyenne).
Pour le régime de retraite de base qui participe en moyenne à hauteur de 24% de la pension totale d’un Chirurgien-Dentiste, quand bien même la démographie serait favorable il existe de toute façon la fameuse compensation démographique entre le régime des salariés et celui des non salariés. Ce problème de compensation s’est accéléré avec l’arrivée massive des auto-entrepreneurs qui pèsent sur l’ensemble des caisses libérales.
Par le passé, les cotisations du régime de base ont déjà dû augmenter de 17 % en deux ans pour éviter une cessation de paiement annoncée pour 2014.
Les durées de cotisation pour avoir un taux plein avant l’âge de 67 ans augmentent à chaque réforme (172 trimestres soit 43 ans de cotisations pour les générations nées à partir de 1966 … donc difficile à atteindre lorsque l’on commence vers 26 ou 27 ans !).
Pour les régimes complémentaires et PCV qui représentent en moyenne respectivement 47% et 29% de la retraite du Chirurgien-Dentiste, la gestion reste interne à la CARCDSF. Les réserves permettent actuellement de faire face aux prochaines échéances.
Note
LA RETRAITE ACTUELLE D’UN CHIRURGIEN DENTISTE EST D’UN PEU PLUS DE 2 486 € PAR MOIS (AVANT PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX) ET L’ÂGE MOYEN DE DÉPART À LA RETRAITE EST DE 64 ANS.
Nulle besoin de boule de cristal pour comprendre que la retraite pour les futurs retraités est un véritable enjeu, et que leur baisse est d’ores et déjà programmée. L’allongement de l’espérance de vie (à 65 ans elle est de 25 ans pour une femme Chirurgien-Dentiste) scelle certainement définitivement ce constat. Les cotisations ne pourront pas grimpées indéfiniment. Seules deux autre « portes de sortie » possibles :
· Allonger la durée d’activité (mais là aussi il y aura rapidement des limites)
· Diminuer les prestations (baisse de valeur du point, abattements pour anticipation)
Seule solution pour faire face à cette problématique : préparer sa retraite, en complément du système par répartition. C’est un impératif si vous ne voulez pas partir à un âge ou le repos serait amplement mérité, et avoir un niveau de retraite suffisant … commencer à la préparer le plutôt possible avec régularité.
Au détour de la lecture d’une information éditée par votre caisse nous avons noté la phrase suivante qui a la qualité d’être aussi franche que préventive:
« Aussi est-il judicieux de ne pas attendre que les retraites futures servies par la CARCDSF représentent l’intégralité de nos futurs moyens de subsistance »
COMMENT VOS COTISATIONS SONT CONVERTIES EN POINTS ET TRIMESTRES ?
REGIME DE BASE
La première tranche (revenus jusqu’à 48 060 €) permet d’acquérir au maximum 557 points et 4 trimestres. Si vos revenus sont inférieurs au plafond de cette première tranche, le calcul sera proportionnel.
Sur la deuxième tranche (donc jusqu’à 240 300 €) vous obtenez 1 point par tranche de 9 612 € de revenus , donc au maximum 25 points si vos revenus sont d’au moins 240 300 €.
Exemple : Vous avez un BNC de 100 000 €.
Sur la première tranche vous avez 557 points et 4 trimestres
Sur la seconde tranche vous obtiendrez 10,40 points *
* (100 000 € ) / 9 612 €
La valeur du point étant de 0,6599 € vous obtenez sur une année (base 2026) 374,43 € de retraite annuelle (hors majoration/minoration selon les trimestres obtenus)
Ce mode d’obtention de points favorise donc plutôt , les petits BNC, car la possibilité du nombre de points à acquérir sur la deuxième tranche sont limités.
La pension qui sera versée au praticien sera égale au nombre de points acquits multiplié par la valeur du point au moment de la liquidation, minoré ou majoré par la durée d’assurance acquise sur l’ensemble des régimes de base.
A quel âge partir à la retraite sans pénalités :
La réforme de 2023 étant suspendue par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, l’âge légal de départ est de 62 ans 9 mois pour les générations nées de 1963 à mars 1965, de 63 ans pour celles nées d’avril à décembre 1965, puis augmente de 3 mois par année de naissance jusqu’à 64 ans pour les générations nées à partir de 1969.
Pour obtenir un taux plein de son régime de base, sans condition de durée il faut avoir 67 ans.
Si vous partez à la retraite avant 67 ans sans avoir le nombre de trimestres requis pour votre génération (tous régimes confondus, voir le tableau ci-dessous), une minoration définitive sera appliquée à votre pension.
Ce nombre de trimestres minimum à acquérir pour partir avant 67 ans sans pénalités augmente pour les plus jeunes générations et sera par exemple de 170 trimestres pour les générations nées de 1963 à mars 1965, de 171 trimestres pour celles nées d’avril à décembre 1965 et de 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1966 … donc 43 années d’activité !!
Sachant que vous n’avez pas commencé à travailler avant 25 ans il vous sera impossible de vous arrêter avant l’âge légal permettant un taux plein, sans avoir sa retraite de base minorée … Seule possibilité pour les femmes … avoir plusieurs enfants qui donneront chacun 8 trimestres supplémentaires !
Donc si n’avez pas été très prévoyant en vous constituant une épargne personnelle conséquente vous êtes « condamnés » à travailler au moins jusqu’à 67 ans. Possibilité au cas par cas (et à ne pas faire avant 60 ans ) de racheter des trimestres (exemple pour années supérieures d’étude). Le tableau ci-dessous donne l’âge légal de départ et le nombre de trimestres requis pour un taux plein selon votre année de naissance, tels qu’ils résultent de la suspension de la réforme de 2023 par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 (pensions prenant effet à partir du 1er septembre 2026). Le taux plein est acquis automatiquement à 67 ans, quel que soit le nombre de trimestres.
Âge légal de départ à la retraite et trimestres requis pour un taux plein, hors dispositifs dérogatoires (carrières longues, handicap…).
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres requis |
| 1963 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1964 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| janvier à mars 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| avril à décembre 1965 | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et après | 64 ans | 172 |
Le taux de minoration dès lors que vous n’avez le nombre de trimestre requis et que vous partez avant l’âge légal du taux plein est de 1,25% par trimestre manquant (avec un maximum de 25%).
A l’inverse si vous prolongez votre activité libérale au delà de l’âge minimal légal et que vous avez déjà une durée d’assurance permettant d’avoir un taux plein vous obtiendrez une majoration de 1,25 % par trimestre civil supplémentaire cotisé depuis le 1er octobre 2023 (0,75 % pour les trimestres cotisés entre le 1er janvier 2004 et le 30 septembre 2023).
REGIME COMPLEMENTAIRE
Votre cotisation forfaitaire vous donne droit à 6 points.
La cotisation proportionnelle pour les revenus au delà de 31 239 € et jusqu’à 240 300 € donne 1 point par tranche de 4 796 € de revenus, avec un maximum de 43,59 points.
Exemple : Vous avez un BNC de 100 000 €.
Sur la première tranche vous avez 6 points
Sur la seconde tranche vous obtiendrez 14,34 points *. Un total donc de 20,34 points vous donnant droit à 647 € de retraite annuelle
* (100 000 € 31 239 €) / 4 796
La valeur du point est de 31,82 € en 2026
Votre retraite sur le régime complémentaire sera égale au nombre de points acquits multiplié par la valeur du point au moment de la liquidation.
Une majoration de 10% sera appliquée dès lors que vous aurez eu trois enfants.
Vous aurez un taux plein dès lors que vous aurez 67 ans. Votre pension sera minorée si vous décidez de partir avant cet âge.
Le coefficient de minoration est de 1,25 % par trimestre manquant pour atteindre votre 67e anniversaire. La pension liquidée avec une minoration l’est définitivement.
Exemple : Vous êtes né en 1969 et vous projetez de partir à 64 ans, qui est l’âge légal de votre génération. Le taux plein de ce régime étant atteint à 67 ans, vous anticipez de 12 trimestres. La pénalité est alors de 1,25 % × 12 trimestres.
Vous perdriez alors 15 % de votre retraite complémentaire !
Certains départs anticipés se font sans minoration dans ce régime, notamment en cas d’inaptitude reconnue par la commission de la CARCDSF (dès 62 ans) et, pour les femmes ayant eu des enfants, à raison d’une année d’anticipation par enfant mis au monde, dans la limite de 5.
À l’inverse, vous pourrez avoir une surcote si vous poursuivez votre activité libérale au-delà de 67 ans sans avoir fait liquider vos droits dans ce régime. Elle est de 1,25 % par trimestre civil cotisé, dans la limite de 25 trimestres.
REGIMES DES PRESTATIONS COMPLEMENTAIRES DE VIEILLESSE (PCV)
Votre cotisation forfaitaire vous donne droit à 10 points
La cotisation proportionnelle donne 1 point pour 235 000 € de revenus, donc 0,01 point par tranche de 2 355 € de revenus
Exemple : Vous avez un BNC de 100 000 €.
Votre cotisation forfaitaire vous donne droit à 10 points
La part proportionnelle vous donne 0,42 point *
* 100 000 € /2 355 X 0,01
La valeur du point est de 28,83 € en 2026 pour les points acquis depuis 2006. Dans cet exemple vous auriez donc acquit 300,43 € de retraite annuelle sur un exercice.
Votre retraite sur le régime PCV sera égale au nombre de points acquits multiplié par la valeur du point au moment de la liquidation.
Une majoration de 10% sera appliquée dès lors que vous aurez eu trois enfants.
Si vous avez liquidé votre régime de base à taux plein avant 67 ans, parce que vous avez atteint le nombre de trimestres requis pour votre génération, ce taux plein s’applique aussi au régime PCV.
Vous aurez un taux plein si vous vous arrêtez à 67 ans. Sinon, sauf dans le cas ci-dessus, un taux minoré de 1,25 % par trimestre manquant pour atteindre votre 67e anniversaire est appliqué.
DROITS NON CONTRIBUTIFS ACQUIS SANS COTISATIONS
Trois cas donneront des droits au Chirurgien-Dentiste sans qu’il y ait eu des cotisations :
· Maladie avec 400 points et 4 trimestres pour le régime de base si le praticien ne peut exercer durant six mois en continue et pour une durée cumulée de six mois sur un même exercice
· Maternité avec 100 points attribués dans la limite d’un plafond pour le régime de base.
La Chirurgien-Dentiste aura 8 trimestres pour chaque enfant élevé pendant au moins huit ans avant soin 16eme anniversaire. Un nouveau dispositif est en vigueur depuis 2010 avec désormais une majoration de 4 trimestres au titre de la grossesse et de l’accouchement et une seconde majoration de 4 trimestres au titre de son éducation pendant les 4 années qui suivent la naissance ou l’adoption de l’enfant.
· Invalidité avec 400 points et 4 trimestres pour le régime de base pour le praticien reconnu atteint d’une invalidité totale et définitive d’exercer sa profession, et 6 points pour le régime complémentaire.
LES REVERSIONS
Pour savoir exactement quels sont les droits du conjoint marié sur les retraites qui étaient perçues par le praticien décédé nous vous invitons à cliquer sur le lien suivant , cette partie étant développée sur la partie prévoyance du site.
|
RÉGIME DE BASE |
RÉGIME COMPLÉMENTAIRE |
RÉGIME PCV |
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|
Âge |
55 ans |
65 ans ou 60 ans mais avec minoration |
60 ans |
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Durée de mariage |
Pas de minimum |
2 ans (sauf dérogation statutaire) |
2 ans (sauf dérogation statutaire) |
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Remariage |
Possible |
Perte des droits |
Pas de droits |
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Taux de réversion |
54 % |
60 % |
60 % |
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Majoration familiale |
10 % si le conjoint a eu au moins |
10 % si le conjoint a eu au moins |
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Cumul entre droits personnels et dérivés |
Plafonds de ressources* : |
sans limite |
sans limite |
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Conjoints divorcés non remariés |
Partage entre tous les conjoints au prorata de la durée du mariage |
Partage entre tous les conjoints au prorata de la durée du mariage |
Partage entre tous les conjoints au prorata de la durée du mariage |
|
Conjoints divorcés remariés |
Partage entre tous les conjoints au prorata de la durée du mariage |
Pas de droits |
Pas de droits |





